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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 17:57

Dans le contexte d’un penchant commun à la paresse et au laisser-aller, le soin apporté à la parure, et notamment à la manière de s’habiller, constitue assurément une clé.

Les vêtements informes, qui enveloppent plus qu’ils n’habillent, sont aujourd’hui devenus incontournables. Tendance. Cela traduit, à mon sens, un ramollissement général des sociétés occidentales dites évoluées.

Je suis persuadé que l’habit influe sur le mental. Un veston bien coupé, ajusté, un ceinturon, voire une cravate, fonctionnent comme des éléments structurants pour bien des hommes. Pour les femmes, les dessous ont longtemps joué ce rôle. Le maintien n’était pas qu’une affaire esthétique, mais également mentale. Les mères qui, pendant des générations, ont incité leurs filles à accepter, à désirer pour certaines, des dessous relativement modelants ne le faisaient pas par sadisme, ni par simple habitude, mais avec la conviction qu’elles seraient plus fortes, plus efficientes, plus sûres d’elles et de leur talents en s’imposant un certain maintien. Preuve en soit des témoignages recueillis auprès d’étudiantes, aux USA, qui confient que leur concentration est boostée et leur résultats meilleurs quand elles portent des dessous de maintien : le terme « foundation », utilisé en anglais pour désigner ces derniers, dit bien ce qu’il veut dire ! On construit mieux quand la base est assurée…

Le paroxysme de cette attitude a probablement été atteint dans l’Angleterre de la reine Victoria, quand des corsets très rigides étaient monnaie courante, pour les hommes comme pour les femmes – et pas seulement au sein des élites, au moment même où la Grande-Bretagne étend son empire sur le monde entier.

Si la mode victorienne va trop loin, dénotant une rigidité mentale et morale dont faut savoir gré au progrès de nous avoir libérés, la tendance contemporaine à l’avachissement est tout aussi révoltante. Difficile de faire preuve d’initiative ou d’imposer son opinion dans des vêtements déstructurés…

Un équilibre ménageant l’élégance et un relatif confort a été trouvé au milieu du siècle dernier, au moment où les sociétés occidentales, meurtries par deux conflits majeurs successifs, faisaient le deuil des anciennes raideurs et adoucissaient les règles du jeu. Il faut se garder d’idéaliser cette période, cela va de soi. On ne peut cependant nier qu’elle est marquée du sceau d’un optimisme certain et d’une vision du monde constructive. Ce positivisme, on le retrouve dans la mode, et bien sûr dans les dessous féminins, qui toujours de rigueur, deviennent plus souples, plus facile à porter au quotidien. Une jupe, une paire de bas fins et des jolis souliers ont constitué le quotidien de centaines de milliers de lycéennes dans les années 50 et 60, souvent assortis à des dessous que les filles  considéreraient aujourd’hui comme des instruments de torture. Et pourtant, comparés aux corsets rigides privilégiés par les générations précédentes, de tels dessous semblent bien légers ! Affaire de mode. Mais aussi affaire de mode de penser?

Léo, qui a le poil décidément hérissé ce soir, vous salue bien bas...

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Published by Léo le Chat - dans Les bas
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commentaires

JdC 28/11/2011 18:11

Oh ! Mais je ne m'en suis pas plainte, bien au contraire !

JdC 23/11/2011 14:34

Je suis gâtée ! Deux "chère amie" dans le même commentaire ! Il n'empêche que vous et moi attendons le témoignage d'une lectrice avertie en matière de corset ou de gaine.

Léo le Chat 28/11/2011 18:06



Vous êtes gâtée... et moi je deviens gâteux! Toutes mes excuses pour ces "chère amie" à répétition.



Gentleman.W. 18/11/2011 14:27

Liberté de vivre leur féminité, c'est le premier message que je souhaite passer chaque jour autour de moi.

Certes je serai déçu si elles prenaient toutes le chemin du jean et du pull informe, des dessous en coton si hygiénique.

Je conçois leur liberté comme un rapport de séduction non imposée, ni par les hommes, ni par des diktats, ni par des lois, mais une vraie et véritable opportunité de choix de mode.

Certes l'élégance des années 50 apporte toujours et encore des valeurs basiques au charme, au glamour, comme un détail en plus, une beauté intemporelle.

ALors je rêve à voix haute comme vous, de leur liberté, et j'espère très fort qu'elle croisera quelques lingeries, quelques bustiers, quelques jarretelles, quelques bas nylon, et surtout avec des
silhouettes fières de leur féminité. Droite, voluptueuse avec leurs atouts, leurs poitrines en avant, leurs cambrures en arrière.

Nylonement

Léo le Chat 21/11/2011 21:48



Merci pour ces remarques que sont celles d'un homme aussi censé que délicat. Votre délicatesse vos honore, cher Gentleman (gentleman cabrioleur?)


Léo



Dentelle 17/11/2011 17:27


Bonsoir Léo,
Voilà qui est originale comme réflexion, et bien qu'il y ait une part de vérité dans ce que vous écrivez, je crois que chacune est libre de porter la lingerie qui lui plaît, n'en déplaise aux
hommes ... Il me semble que sans tomber dans l'excès( que ce soit dans un sens ou dans l'autre) toute femme peut garder une vraie part de féminité et garder une droiture mentale et une force morale
sans pour autant avoir besoin d'être corsetée comme autrefois pour l'y aider.
Bonne soirée à vous, Dentelle.


Léo le Chat 18/11/2011 13:09



100 d'accord avec vous sur le principe, chère Dentelle. Le maintien doit être voulu et assumé. Si ce n'est pas le cas, on déborde vers des relations sado-masochistes peu recommandables!



chat 17/11/2011 16:41


Super article. Bonne continuation.

Caroline


Léo le Chat 18/11/2011 13:06







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