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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 12:03

ecole

 

J’ai 35 ans et je porte des bas régulièrement. Comment j’en suis arrivée là ?

Mon parcours est assez spécial ! Mon adolescence a été une période difficile. Fille unique, j’ai suis partie à la dérive vers 14 ans, suite à de mauvaises fréquentations. La société me révoltait : je lui ai tourné le dos. Alcool, drogue, violence perpétuelle.

Je suis devenue ingérable. Ma mère, après avoir tout tenté, s’est résolue à employer les grands moyens ; j’ai été placée à 15 ans en Internat dans une institution catholique dotée d’un règlement intérieur très invasif, avec un uniforme imposé : blazer à l’anglaise, jupe au genou, chaussettes de tricot ou, pour les filles de mon âge qui le souhaitaient, des collants fins. Pour moi, qui ne portait que des jeans, le plus souvent troués et relativement « crad », cela a été une pilule très dure à avaler. Je me suis révoltée contre la règle pendant quelques semaines, écopant des punitions à répétition, souvent humiliantes (de mon point de vue !). Seule la compréhension d’une des enseignantes, sœur Mado, pas très âgée, m’a empêché de faire une très grande connerie… Elle m’a encouragée à relever le défi, à voir plus loin – et peut-être plus haut. A avoir vis-à-vis de moi-même des exigences, et même une certaine estime. La situation s’est petit à petit stabilisée. J’ai commencé à m’intégrer plus facilement ; je trouvais un certain plaisir aux cours qui nous suivions. L’uniforme imposé restait cependant en travers de ma gorge, malgré le fait que nous étions toutes logées à même enseigne et que la plupart des pensionnaires n’y prêtaient plus vraiment garde. Cela faisait partie du quotidien, comme de se brosser les dents. Le plus dur pour moi, c’était ces fichus collants (à mon âge et vu mon parcours, les chaussettes hautes n’étaient pas vraiment une option !). Je me sentais empaquetée, gênée à l’entrejambe. J’avais souvent l’impression d’étouffer. Et puis cette culotte de nylon par-dessus le slip, c’était juste pas possible ! C’est sœur Mado, à qui je m’en étais souvent plainte, qui m’a parlé des bas pour la première fois (ma mère n’en a jamais mis, préférant les pantalons ou, les rares fois où elle mettait une jupe, les collants), me confiant qu’elle en portait au quotidien. Pas convaincue par les bas auto-fixants, elle m’a présenté le porte-jarretelles comme la solution la plus satisfaisante pour elle. J’ai suivi son conseil à moitié, essayant les auto-fixants. Après quelque temps toutefois, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai demandé à ma mère de m’acheter un porte-jarretelles, susceptible d’être porté au quotidien. Il a fallu pas mal de persuasion pour arriver à mes fins, convaincue qu’elle était qu’il s’agissait plus d’un attirail de fille légère que de dessous utilitaires… Mais bon, nous avons choisi ensemble un modèle tout simple, sans fioritures et de bonne qualité qui l’a rassurée sur mes intentions.

Je me suis rapidement sentie très à l’aise dans ce premier porte-jarretelles, malgré les quolibets moqueurs de mes co-religionnaires (on m’a rebaptisée Marie-Jaja !). Je n’irais pas jusqu’à dire que ces moqueries ont renforcé ma détermination, mais ce n’est pas très loin de la vérité… Mon plus grand plaisir a été de constater, après quelques mois, que quelques-unes des filles s’y étaient mises, avec lesquelles j’ai développé une certaine complicité !

Porter des bas classiques est devenu une habitude comme une autre. Alors qu’auparavant, lors des congés, je me dépêchais d’enfiler des jeans sitôt de retour à la maison, j’ai commencé à préférer des jupes ou des robes mettant en valeur mes formes. Lorsque, bac en poche, je suis revenue dans la « vraie » vie, les réactions des garçons que j’ai fréquenté m’ont incitée à rester fidèle à mes porte-jarretelles et j’en porte toujours, en alternance avec des dessous plus modelants : à 35 ans, qu’on le veuille ou non, un peu de tenue n’est pas de refus ! Les gaines ouvertes ou les serre-taille se sont imposés comme des évidences : bien choisis, de tels dessous offrent à la fois confort et maintien. Et puis ils me permettent de rester fidèle à mes bas adorés. Si, à quinze ans, on m’avait dit que je porterais des bas avec une gaine, j’aurais franchement rigolé… La vie a des détours inattendus !

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Published by Léo le Chat - dans Les bas
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Flo 16/03/2014 10:20

J'ai effectivement commencé à porter des bas nylon en 1981. J'avais 17 ans. Je n'ai jamais aimé les collants. C'est ma mère qui m'a acheté ma première paire de bas et mon premier porte-jarretelles.
Mon entourage n'était pas choqué. Les garçons adoraient et certaines de mes amies étaient surprises mais sans plus. Etre en bas nylon fait partie de ma personnalité. Lorsque j'ai des remarques, je
m'en moque, comme par exemple quand des collègues femmes me disent que mettre des bas couture au bureau ne se fait pas. Souvent dans la rue ou au supermarché, hommes comme femmes ont les yeux rivés
sur mes jambes que j'ai la chance d'avoir belles, longues et fuselées. Grand bien leur fasse. Je m'assume en bas nylon. Je porte de vrais bas cristal, avec le plus souvent des porte-jarretelles ou
des serre-tailles, mai aussi des guêpières. Depuis deux ans je me suis mise de temps à autre aux gaines ouvertes.

flo 13/03/2014 20:12

joli blog. J'ai 50 ans et je porte des bas depuis l'âge de 17 ans. Ma préférence va aux vrais bas nylon, soit des bas voile non-extensibles. Je porte aussi parfois des bas couture. Je porte
toujours mes bas avec des jarretelles.

Léo le Chat 15/03/2014 17:05



Merci pour ce témoignage, chère Flo.


Si je compte bien, c'est donc vers 1981 que vous vous êtes mise aux bas. Pas évident pour une ado, à cette époque de rejet des jupes et des dessous féminins traditionnels, de faire ce choix, non?
Je suis curieux de savoir ce qui a motivé un tel choix... et comment il a été perçu par votre entourage (famille, amies, etc.). C'est volontiers que je répercuterai votre contribution, cas
échéant!


Léo, curieux comme tous les chats...



Lingerie Aubade collection Bahia 10/02/2014 14:18

J'aime lire votre histoire à travers laquelle on peut dire que la lingerie révèle la personnalité de la personne qui la met.

gentleman w 11/01/2014 13:54

Un beau témoignage, qui peut nous conforter dans le port de ce bel accessoire de mode, si élégant, si féminin, et parfois si voluptueux.

Bonne Année cher chat écrivain

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