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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 20:52

XVI

Rentrée chez elle, Natacha se hâta de rejoindre sa chambre. La gaine, qui exerçait sur son ventre et ses hanches une pression constante commençait à lui devenir pénible. N’ayant pas la fibre d’une martyre, elle décida de s’accorder une petite pause. Elle avait rendez-vous avec quelques copines en début d’après-midi ; elle opta pour une tenue passe-partout : un jean, un pull à col roulé et un petit blouson de cuir cintré feraient l’affaire.

En ville, entre copines, Natacha passa un excellent moment. Elle appréciait ces moments d’échange où on discutait de tout et de rien, sans plan précis. Toutes les filles étaient en pantalon, sauf une, qui portait une robe très courte et des collants opaques, avec un petit manteau plus long par-dessus. Un très bel ensemble que plusieurs trouvèrent « génial », mais que Natacha s’imagina mal pouvoir porter avec ses bas ! Elle regretta un instant de ne pas avoir gardé son tailleur du matin, histoire d’épater les copines ; mais elle se sentait plus à l’aise vêtue ainsi et, de toute manière, elle avait décidé d’en offrir la primeur à Jean.

Elle regagna son logis, contente de sa journée, et entreprit de se préparer en vue de la soirée. Une fois douchée et pomponnée, elle disposa les vêtements sur le lit. Les petites traces laissées par la gaine sur son ventre, découvertes lorsqu’elle s’était changée quelques heures plus tôt, avaient disparu. L’habitude venant, elle enfila la gaine et les bas sans état d’âme, passa la combinaison (toujours aussi voluptueuse) et endossa le tailleur.
Elle ajusta la gaine sur son derrière, en tirant dessus, à travers la jupe, vérifia encore une fois la tension des bas, puis s’examina en détail dans le miroir, se tournant de tous les côtés.

Elle se sentait belle.

Assez fière d’elle, Natacha prit le parti, une fois encore, de relever ses cheveux. Elle aimait bien les chignons pas trop sages. Avec la rigueur du tailleur, cela mettrait un peu de fantaisie à sa tenue !

Elle avait encore un peu de temps devant elle avant d’aller retrouver Jean. Ses parents étant absents pour quelques jours, elle avait projeté, avec son chéri, de passer la nuit chez elle.
Elle mit ce loisir à disposition pour faire un peu d’ordre dans ses affaires.
Alors qu’elle rangeait les livres, les bibelots, ainsi que divers habits éparpillés dans sa chambre, Natacha fut prise d’un doute. Etait-ce vraiment une bonne idée que de s’habiller ainsi pour cette soirée qui s’annonçait « cocooning » ? Elle fut saisie d’un léger vertige et ses pensées se brouillèrent un instant. Quand elle eut repris ses esprits, elle en eut soudain la certitude : ce n’était pas encore le moment.

Elle se dévêtit rapidement, rangea les dessous et le tailleur dans son placard et endossa sa tenue de l’après-midi. Elle se sentait libérée d’une sorte d’angoisse.  Après avoir passé à la salle de bain pour mettre un peu de rouge et se parfumer, elle prit son sac et sortit.

 

Quand elle arriva dans le café où ils s’étaient donnés rendez-vous, Jean l’attendait, assis sur la banquette de bois. Il sirotait son Picon-bière, le regard vagabondant à travers les glaces du bistrot. Dès qu’il l’aperçut, il lui fit signe et lui sourit. Elle s’approcha, il se leva pour l’embrasser. Elle remarqua qu’il s’était mis sur son 31. Désemparée durant quelques secondes, elle lui lança :
- La classe ! Tu as sorti le grand jeu !

Elle s’assit à côté de lui. Jean fit un petit signe au serveur. Il réapparut bientôt avec un second Picon-bière. Les amoureux entrechoquèrent leurs verres. Natacha but une petite rasade de bière.
- J’espère que tu n’es pas trop déçu. Comme on a prévu un petit week-end à la maison, je me suis dit que je serais plus à l’aise ainsi. Et puis j’aime bien cette veste et ce pull.
Jean répondit de manière évasive.

Un silence se fit entre eux. La jeune femme sentait que son homme, en dépit de son apparente indifférence, était déçu.

Elle lui raconta sa semaine (en omettant soigneusement son équipée du matin), et les problèmes que lui causait un exposé qu’elle devait présenter prochainement. Leurs deux mains s’étaient rencontrées sur la table. Il approcha sa bouche de la sienne. Son baiser, très intense, la troubla. Elle sentit sa main sur sa cuisse, à travers le tissu de son jean. A ce moment précis, elle regretta tout au fond d’elle-même d’avoir renoncé à mettre le petit tailleur gris et les bas qui allaient avec. Elle prit son verre et avala une grande gorgée.

Ils discutèrent de choses et d’autres, heureux de se retrouver après plusieurs jours de solitude.
- J’avais pensé qu’on pourrait peut-être aller au resto, qu’en penses-tu Natacha ?

- Booh, pourquoi pas ? Mais je me disais que, pour une fois que mes parents étaient loin, on aurait pu se faire une petite bouffe entre nous. Si j’avais su, je me serais habillée plus chic !

- Mais tu es resplendissante, ma chérie.

Jean n’était pas très doué pour le mensonge, et le compliment un peu forcé qu’il adressa à Natacha fut reçu comme il le méritait.
- Ne raconte pas de bobards, je te connais plus que tu crois, et je vois bien que tu es déçu que je sois en jean ce soir.
Un silence qui parut à la jeune femme une éternité s’installa entre eux.

Jean le rompit enfin.

- C’est vrai, tu as raison. Je pensais que tu mettrais ta petite robe…

Puis, après un nouveau silence :

- Tu sais, après cette soirée, la dernière fois, je ne pouvais ôter de mon esprit certaines images, qui revenaient comme des fantômes. La robe à la limite de tes genoux, les bas infiniment doux sous ma paume, l’odeur de la combinaison… Et puis ces rubans qui tenaient le tout parfaitement en place. J’aurais voulu que ça ne cesse jamais.

Natacha ne put empêcher une certaine rougeur de lui monter aux joues.
- Allez, on y va, tout cela n’est pas bien grave ! Ce qui compte, c’est qu’on soit ensemble.
Il régla la consommation. Ils se levèrent tous deux. Il la prit par la taille et ils sortirent.

Sous le jour déclinant, le boulevard était très animé. Ils firent quelques courses puis se rendirent chez Natacha.

La soirée fut tendre et coquine à la fois. Les jeunes amants se préparèrent un petit repas arrosé d’une bouteille d’un bon vin rouge. Jean, qui adorait jouer au pâtissier, confectionna des petit choux à la crème qui couronnèrent le tout. Comme ni l’un ni l’autre n’avait vraiment envie de dormir, ils regardèrent un DVD, allongés sur le canapé, tout en se caressant et s’embrassant. « Une femme française », avec Emmanuelle Béart dans le rôle-titre. Une histoire bouleversante.

Lors de la fameuse scène durant laquelle l’héroïne malheureuse du film s’accorde un moment d’égarement avec son voisin allemand, Au moment où la caméra cadre les jambes d’Emmanuelle Béart, gainées de bas-coutures, et suit la main de l’amant, dévoilant les jarretelles, Natacha sentit le sexe de Jean se durcir sous le tissu du pantalon.
- Demain je me ferai belle pour toi, lui susurra-t-elle à l’oreille.
Jean l’embrassa avec une passion inattendue. Il défit sa ceinture. Son pantalon tomba. Natacha enleva le sien.
Le canapé devint une barque d’amour.

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Published by Léo le Chat - dans Un peu de poésie...
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commentaires

dan 14/04/2012 17:47

savoir doser l'indécence et l'érotisme, l'attente et le désir, voilà qui est un des fondements de la rencontre, de la volonté de séduire, de l'amour, de l'envie de l'Autre, du charme,...tout cela
avec des accords féminins qui laisse deviner les atouts de la belle inconnue...merci pour ce joli départ dans le romantisme charnel

Léo le Chat 17/04/2012 11:06



Le compliment, venant d'un homme de plume, me va droit au coeur...


Au plaisir de vous relire



caroline 12/04/2012 20:37

Souvent femme varie...et bien fol qui s'y fie! telle est la citation complète cher ami macho ;-)

Léo le Chat 17/04/2012 11:07



Eh oui... Je vois que vous connaissez vos classiques!






caroline 11/04/2012 19:07

De l'art de faire durer le suspense, un pas en avant , 2 en arrière faudrait qu'elle se décide cette Natacha ;-)

Léo le Chat 12/04/2012 08:27



Souvent femme varie...


(me voilà pris en flagrant délit de machisme!)



titus3 11/04/2012 15:10

Notre félin d'auteur ménage le suspense : quand Jean et/ou les amies de Natacha vont-ils découvrir la belle dans parées de l'intégralité des ses dessous rétros ? Et quelles seront leurs réactions
?
Patience, patience...

Sinon, je garde moi aussi des souvenirs émus de cette scène d'"Une femme française".

Léo le Chat 12/04/2012 08:26



Vous avez déjà vu un chat jouer avec une souris....?



Gentleman W 11/04/2012 13:52

l'aventure continue, les suggestions aussi

Léo le Chat 12/04/2012 08:25



Nous sommes proches du dénouement (je n'ai pas dit dénuement!)....



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