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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 16:05

XIX

Quand ils retrouvèrent l’immeuble où vivait Natacha, Jean avait eu le temps de reprendre ses esprits. Il lui emboîta le pas dans la cage d’escalier et eut tout loisir d’admirer les coutures, qui dessinaient sur les chevilles de Natacha deux petites Tour Eiffel prolongées par des lignes parallèles. La couture soulignait le galbe parfait des mollets de la jeune femme. Elle plissait au creux de son genou à chaque pas, frôlée par l’ourlet de la jupe, dont le balancement le fascinait autant que les « diminutions » ménagées dans le tricot, qui traçaient sur chaque jambe deux petites routes improbables, sans issue.

Il mourrait d’envie d’enfiler sa main sous sa jupe. Un geste aussi peu chevaleresque lui parut cependant déplacé et il se fit violence. Son désir, aiguisé par les scènes subies durant cette promenade interminable, lui faisait l’effet d’un cheval cherchant à se libérer du frein qui le retient. Il se contenta d’essayer d’interrompre la course de Natacha en la saisissant par surprise à la taille. Cette tentative arracha à la jeune femme un petit rire aussi joyeux que l’eau de source. Elle lui donna un baiser sur le nez, comme on pose un pourboire sur le comptoir. Et d’escalader les marches en riant !

La porte refermée sur eux, les choses sérieuses commencèrent. Jean n’avait plus du tout envie de rire. Son désir était à son comble. Il entraîna Natacha vers le lit, sans qu’elle n’opposât trop de résistance. Sans en avoir l’air, elle mourrait elle aussi d’impatience… et de désir. Jean avait été héroïque. Elle revoyait sa tête quand elle avait réajusté un de ses bas dans la cour de l’immeuble. Elle se sentait plus amoureuse de lui qu’elle ne l’avait jamais été.

Les deux mains au dos, elle déboutonna sa jupe, qui tomba sur le parquet avant même qu’ils aient atteint le lit. Il retira la veste de son tailleur et la jeta au loin, avant de soulever Natacha dans ses bras. S’agenouillant sur le lit, il la déposa, telle une offrande. Retirant son veston, il se jeta sur elle, tentant d’une main maladroite de défaire sa ceinture. Son sexe lui paraissait énorme. Baissant son pantalon, il fit mine de la prendre. Frôlant le rebord de la gaine, son sexe tendu se cabra. Elle le repoussa.

- Attends !
Elle décrocha les bas qui détendus, flottaient sur ses jambes, et lui demanda, le souffle court, de les lui ôter et de dégrafer sa gaine. Subjugué, il concentra toute la lucidité qui lui restait pour lui obéir. Les bas retirés, il fit coulisser la fermeture-éclair de la gaine et décrocha, un à un, d’une main tremblante d’émotion, les cinq crochets qui maintenaient encore sous contrôle le ventre de la jeune femme. Celle-ci passa la ceinture sous ses fesses et la fit glisser le long se ses jambes. Elle releva la combinaison ourlée de dentelles, découvrant son sexe en attente de lui. L’attirant à elle, elle l’invita à se perdre en son sein. Tout son être lui sembla soudain se réfugier dans son ventre.

Natacha et Jean firent l’amour comme jamais encore ils ne l’avaient fait. Cet embrasement magnifique des sens et de l’âme leur parut ne plus devoir prendre fin. Quand l’amour permet une fusion parfaite de deux êtres, dans une prise de possession mutuelle insatiable, le temps s’abolit. La terre s’arrête de tourner.

Quand ils émergèrent à la surface du monde, la nuit tombait. Ils restèrent encore longtemps enlacés l’un contre l’autre, comme s’ils avaient craint de se perdre.

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Published by Léo le Chat - dans Un peu de poésie...
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commentaires

Gentleman W 01/05/2012 16:47

Se perdre est parfois une quête, parfois un simple acte fusionnel.

Léo le Chat 03/05/2012 23:00



Se perdre pour mieux se retrouver.... c'est une des règles de la promenade amoureuse...



JdCblog 01/05/2012 16:21

Euh question... sauf erreur, la belle ne porterait donc pas de culotte ? la coquine....En tous le cas, bel épilogue, cher Léo, merci, vraiment de ce joli cadeau de 1er mai !

Léo le Chat 03/05/2012 22:59



Bien observé... Je vous laisse deviner!



caroline 01/05/2012 12:36

de retour de vacances et 2 épisodes à lire, quel plaisir.
Bravo pour cette montée chromatique dans le suspense érotique, le lecteur est aussi tendu qu'une jarretelle retenant un bas nylon (et je m'y connais ;-) ).
Belle apothéose en tout cas cher auteur, gageons que cette histoire en appellera d'autres, à moins qu'une suite ne soit déjà prévue pour Natacha ?

Léo le Chat 03/05/2012 22:57



Merci pour cette réaction, Caroline.


Un suspens aussi tendu qu'une jarretelle... l?image est magnifique!



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