Blog consacré au "revival" de la lingerie glamour
Voici, chers amis, quelques brèves intéressantes concernant les bas... et les femmes qui les portent, tout juste tirées des cartons d'archives dans lesquels je me suis plongé par ce dimanche pluvieux. Toute une époque!
En cinq ans, la production française de bas a doublé (145 millions de paires en 1960 contre 72 millions en 1955). Comment expliquer cette extraordinaire inflation ?
1) Apparition sur le marché et succès croissant – surtout en été – des bas sans couture (3% de la consommation en 1956, 50% en 1960).
2) Mode des escarpins fermés – même en été. Le nu-jambes est peu compatible avec ce style de chaussures.
3) Lancement chaque saison, par un Comité de l’Elégance du bas (fabricants et détaillants), d’une couleur « mode » (« Safran » pour le printemps 1961). Les femmes suivent instantanément le mot d’ordre – et achètent. C’est ainsi que les bas blancs préconisés par la haute couture n’ont remporté aucun succès, les stocks « Safran » étant déjà constitués.
4) Engouement des juniors pour cette pièce de lingerie réservée autrefois aux sœurs aînées
5) Baisse régulière, ininterrompue, spectaculaire, des prix ; un magasin spécialisé a soldé récemment des bas 1er choix 1,50 NF la paire. Inutile, dans ces conditions, de faire réparer une maille filée ; l’achat d’une nouvelle paire revient (presque) moins cher !
[L’Express, 27 avril 1961]
Les collections des couturiers viennent à peine d’être présentées que déjà s’annonce la petite guerre des jambes.
Les femmes vont-elles adopter pour leurs bas la teinte abricot, dite Eur-color, parce qu’elle a été choisie à l’unanimité, parmi vingt autres, par les bonnetiers du Marché commun ? Ou vont-elles suivre l’exemple des mannequins qui ne veulent porter que des bas « blancs » ou du moins plus pâles que la couleur naturelle de leur mollet ?
Déjà, dans la rue, les très jeunes filles montrent leurs jambes de twisteuses « poudrées » avec ces bas anémiques.
Les trouver constitue un tour de force. [adresses, prix]
En faveur du bas abricot, deux arguments : les femmes recherchent dès les premiers beaux jours l’illusion d’avoir les jambes dorées par le soleil. [pas de second argument !]
Pour les bas blancs, deux atouts : la maille filée y est presque invisible. Et il ne risque pas de jurer avec les nouvelles robes aux couleurs grège ou nacre. Mais il attire l’attention sur les jambes trop fortes.
[L’Express, 8 au 15 février 1962]
La Française ne consomme que dix paires de bas par an. Mais elle est indisciplinée : elle a dit non aux bas couleur teinture d’iode choisis cet été pour l’Europe entière. Elle a acheté des bas blancs (15% de la vente totale, chiffre important car on ne les trouvait pas ans toutes les boutiques) Les fabricants lancent pour l’hiver le ton « antilope ». Mais déjà les championnes des bas blancs exigent des bas franchement gris.
[Candide, 10 au 17 octobre 1962]