Blog consacré au "revival" de la lingerie glamour
C’était un pari stupide. Le genre de truc qui n’arrive que lors de certaines soirées un peu trop arrosées. Lors d’une discussion avec des mecs, ils nous ont chauffées, ma meilleure copine et moi, prétendant qu’on n’avait même pas le cran de porter des jupes. On a voulu les prendre au mot et on a fait un deal entre nous, Camille et moi : plus de jeans pendant un mois, la première qui craque étant supposée payer une bouffe à l’autre dans un resto de son choix…
Bon, à 18 ans, ce n’était pas vraiment évident pour nous deux. Je dois bien avouer que la dernière fois que j’avais porté une jupe (pour faire plaisir à ma mère !) ne datait pas d’hier, et c’était à peu près la même chose pour Camille… Il fallait déjà trouver la bête, et si possible sans devoir payer trop cher. Pour moi, c’est ma mère qui m’en a prêté quelques-unes devenues trop justes pour elle. Je ne lui ai pas tout de suite parlé du pari, mais quand même, passer de « jamais » à « toujours », ça demandait quelques explications et j’ai fini par lâcher le morceau ! Elle n’a pas critiqué ni approuvé, elle m’a juste dit que si j’avais besoin de son aide, je pouvais compter sur elle.
On était en octobre, difficile de rester jambes nues. Je me suis payé deux paires de stay up avec lesquels je ne me trouvais pas si mal pour une novice. Les collants, j’en avais un souvenir abominable : cela descend entre les cuisses, c’est l’horreur, et puis ce sentiment d’étouffement… tout cela n’est probablement pas étranger à ma réticence à porter des jupes pendant des années ! Camille a choisi une autre solution pour les bas : elle s’est offert un porte-jarretelles… Pour moi, ce n’était pas vraiment une option : trop compliqué à mettre et à gérer. J’étais certaine qu’après quelques jours elle enverrait tout « péter » et ferait comme moi. En fait, c’est le contraire qui s’est produit ! A un moment donné, voyant que de porter un porte-jajas ne lui faisait ni chaud ni froid et qu’elle en semblait satisfaite, j’ai été prise d’une furieuse envie d’essayer. Nous avons échangé nos bas le temps d’une après-midi, et j’ai trouvé super agréable (Camille, elle, a eu de la peine à tenir le coup, maugréant contre ces élastiques qui lui serraient les cuisses, causant des rougeurs). J’aurais bien aimé m’acheter un porte-jajas moi aussi, mais vu l’état de mes finances, je suis revenue à mes stay up sans trop d’états d’âme.
Le mois a filé très vite, sans que nous ayons la joie de prendre l’autre en flagrant délit de pantalonnade, et nous avons passé à autre chose. Nous avons cependant toutes les deux continué à porter de temps en temps des jupes, pour des sorties entre copines ou des soirées entre amis. Les mecs qui nous avaient chauffées étaient dans leurs petits souliers de nous voir à l’aise dans nos fringues de nanas, comme ils disaient.
Depuis, je me suis offert un bon porte-jarretelles, acheté avec les conseils avisés de Camille, devenue une experte en la matière, et quelques paires de bas nylons. Je me surprends maintenant à porter mes bas sans « bonne » raison, simplement pour me faire plaisir à moi, parfois même sous un jean. Quand je vois l’effet que font mes dessous sur les mecs, j’avoue que j’hésite de moins en moins à les porter.
La plus effarée de toute l’histoire, ça a été ma mère, qui ne croyait pas vraiment que j’allais tenir le coup. Elle n’en revient pas d’avoir découvert un porte-jarretelles dans mon panier de linge sale ! J’étais sûre qu’elle critiquerait ce choix, mais il faut croire que je ne la connais pas si bien que cela : il y a quelques jours, elle m’a demandé si j’en étais satisfaite, où je l’avais acheté, etc., et j’ai l’impression qu’on va bientôt être deux à la maison à préférer les bas aux collants…