Blog consacré au "revival" de la lingerie glamour
J’ai 35 ans et je porte des bas régulièrement. Comment j’en suis arrivée là ?
Mon parcours est assez spécial ! Mon adolescence a été une période difficile. Fille unique, j’ai suis partie à la dérive vers 14 ans, suite à de mauvaises fréquentations. La société me révoltait : je lui ai tourné le dos. Alcool, drogue, violence perpétuelle.
Je suis devenue ingérable. Ma mère, après avoir tout tenté, s’est résolue à employer les grands moyens ; j’ai été placée à 15 ans en Internat dans une institution catholique dotée d’un règlement intérieur très invasif, avec un uniforme imposé : blazer à l’anglaise, jupe au genou, chaussettes de tricot ou, pour les filles de mon âge qui le souhaitaient, des collants fins. Pour moi, qui ne portait que des jeans, le plus souvent troués et relativement « crad », cela a été une pilule très dure à avaler. Je me suis révoltée contre la règle pendant quelques semaines, écopant des punitions à répétition, souvent humiliantes (de mon point de vue !). Seule la compréhension d’une des enseignantes, sœur Mado, pas très âgée, m’a empêché de faire une très grande connerie… Elle m’a encouragée à relever le défi, à voir plus loin – et peut-être plus haut. A avoir vis-à-vis de moi-même des exigences, et même une certaine estime. La situation s’est petit à petit stabilisée. J’ai commencé à m’intégrer plus facilement ; je trouvais un certain plaisir aux cours qui nous suivions. L’uniforme imposé restait cependant en travers de ma gorge, malgré le fait que nous étions toutes logées à même enseigne et que la plupart des pensionnaires n’y prêtaient plus vraiment garde. Cela faisait partie du quotidien, comme de se brosser les dents. Le plus dur pour moi, c’était ces fichus collants (à mon âge et vu mon parcours, les chaussettes hautes n’étaient pas vraiment une option !). Je me sentais empaquetée, gênée à l’entrejambe. J’avais souvent l’impression d’étouffer. Et puis cette culotte de nylon par-dessus le slip, c’était juste pas possible ! C’est sœur Mado, à qui je m’en étais souvent plainte, qui m’a parlé des bas pour la première fois (ma mère n’en a jamais mis, préférant les pantalons ou, les rares fois où elle mettait une jupe, les collants), me confiant qu’elle en portait au quotidien. Pas convaincue par les bas auto-fixants, elle m’a présenté le porte-jarretelles comme la solution la plus satisfaisante pour elle. J’ai suivi son conseil à moitié, essayant les auto-fixants. Après quelque temps toutefois, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai demandé à ma mère de m’acheter un porte-jarretelles, susceptible d’être porté au quotidien. Il a fallu pas mal de persuasion pour arriver à mes fins, convaincue qu’elle était qu’il s’agissait plus d’un attirail de fille légère que de dessous utilitaires… Mais bon, nous avons choisi ensemble un modèle tout simple, sans fioritures et de bonne qualité qui l’a rassurée sur mes intentions.
Je me suis rapidement sentie très à l’aise dans ce premier porte-jarretelles, malgré les quolibets moqueurs de mes co-religionnaires (on m’a rebaptisée Marie-Jaja !). Je n’irais pas jusqu’à dire que ces moqueries ont renforcé ma détermination, mais ce n’est pas très loin de la vérité… Mon plus grand plaisir a été de constater, après quelques mois, que quelques-unes des filles s’y étaient mises, avec lesquelles j’ai développé une certaine complicité !
Porter des bas classiques est devenu une habitude comme une autre. Alors qu’auparavant, lors des congés, je me dépêchais d’enfiler des jeans sitôt de retour à la maison, j’ai commencé à préférer des jupes ou des robes mettant en valeur mes formes. Lorsque, bac en poche, je suis revenue dans la « vraie » vie, les réactions des garçons que j’ai fréquenté m’ont incitée à rester fidèle à mes porte-jarretelles et j’en porte toujours, en alternance avec des dessous plus modelants : à 35 ans, qu’on le veuille ou non, un peu de tenue n’est pas de refus ! Les gaines ouvertes ou les serre-taille se sont imposés comme des évidences : bien choisis, de tels dessous offrent à la fois confort et maintien. Et puis ils me permettent de rester fidèle à mes bas adorés. Si, à quinze ans, on m’avait dit que je porterais des bas avec une gaine, j’aurais franchement rigolé… La vie a des détours inattendus !