Blog consacré au "revival" de la lingerie glamour
IV
Natacha avait écouté avec attention sa grand-mère. Elle ne savait pas trop si elle avait envie d’essayer l’une ou l’autre des ceintures qui trônaient sur le guéridon. Tout cela lui paraissait extrêmement contraignant et elle hésitait à entrer dans ce jeu, qui lui apparaissait soudain moins innocent qu’elle ne le pensait auparavant. D’un autre côté, elle mourrait d’envie de faire l’expérience de ce que des générations de femmes avaient vécu.
- Tu devrais essayer la gaine blanche. Cela effacera avec efficacité ce petit ventre qui pointe et améliorera le tomber de la jupe.
Natacha sentit soudain un peu de rougeur lui monter aux joues. Un petit ventre ? Elle ? Elle se regarda à nouveau dans la glace. Sa grand-mère avait raison, l jupe tendait un peu sur le devant.
Elle dégrafa sa jupe, qui glissa sans bruit sur la soie de la combinaison. Elle la ramassa et la posa sur une chaise. Entre temps, Iryna avait préparé la gaine. Un modèle des années 50, coupé dans un tissu relativement rigide, avec des empiècements de tissu élastique et des décorations brodées. Natacha, après avoir hésité quelques secondes, l’enjamba et la fit remonter le long de ses cuisses.
- Elle est trop petite !
Sa grand-mère l’aida à l’enfiler correctement.
- Cela doit serrer un peu, sinon cela ne sert à rien ! dit-elle en souriant.
Elle crocha délicatement les cinq agrafes qui servaient à maintenir la gaine bien tendue sur le corps frissonnant de sa petite-fille, chacune produisant au moment de la fixation un petit bruit étouffé. Elle remonta ensuite d’un geste sûr la fermeture-éclair qui permettait d’obtenir un plastron parfaitement lisse.
Natacha sentait sur son ventre et ses hanches une pression relativement importante, mais non désagréable. Elle avait l’impression d’être contenue. Bizarrement, alors qu’elle avait craint de trouver l’expérience pénible, elle éprouva un certain trouble à sentir son corps ainsi contrôlé. Et peut-être aussi quelque fierté.
Sa grand-mère lui tendit un des bas. Elle dut faire un effort pour se pencher et enfiler la pointe de son pied droit dans le bas, qu’elle déroula soigneusement sur sa jambe.
- Attention à ne pas le faire tordre, sinon il plissera !
Iryna rectifia la position du bas et aida sa petite fille à fixer les deux jarretelles destinées à le maintenir bien tendu, lui montrant comment faire. Elle laissa Natacha se débrouiller seule avec la jambe gauche. La jeune fille se sentait maladroite et semblait un peu dépitée.
- Tu verras, tu apprendras vite si tu les portes de temps en temps…
- C’est bien compliqué, soupira Natacha.
- C’est une partie du plaisir… Les choses simples deviennent vite lassantes !
Autrefois, les bas comportaient une couture derrière, on ne savait pas les fabriquer autrement. On était alors assurées de les enfiler correctement, la couture servant de guide !
Avec les bas sans coutures, il faut un peu plus d’habitude.
Natacha se tourna vers la glace et remonta la combinaison, de manière à mieux voir quel effet faisaient la gaine et les bas sur son corps. Si elle éprouvait clairement la présence de la gaine, les bas lui procuraient une agréable sensation de douceur. Rien à voir avec l’empaquetage d’un collant ou la sensation désagréable d’un bas auto-fixant autour de la cuisse. Tout semblait tenir ensemble comme par magie, d’une manière à la fois délicate et efficace.
- Ces dessous sont faits pour toi ma chérie, lui confia la grand-mère, ravie de voir cette belle pièce de lingerie et ces bas de premier choix prendre une nouvelle vie.
- Ouais, mais je suis pas sûre que je sois faite pour eux, souffla la jeune fille entre ses dents.
- Enfile la jupe et la veste du tailleur et remets tes souliers, qu’on voie ce que cela donne !
Natacha s’exécuta de bonne grâce, curieuse, elle aussi, de l’effet obtenu.
Elle ne fut pas déçue.
Elle avait l’impression que la jupe moulait ses hanches leur donnant un galbe parfait.
Ses jambes étaient comme magnifiées par les bas, délicatement ombrés et irisés. Elles lui semblaient plus longues.
Sa grand-mère la regardait s’admirer dans la glace. Les deux femmes paraissaient rêver. Le temps s’était soudain aboli.
L’aînée fut la première à rompre ce moment de communion particulier.
- Tu te sens bien ?
- Ben, je ne sais pas ; cela serre tout de même un peu… Mais belle, et sexy, ça oui !
- Ecoute, on ne peut pas passer en un clin d’œil d’un jean à un tailleur des années 50, avec les dessous assortis… Il faut un peu de patience et d’entraînement ! Quand j’avais ton âge, il m’a fallu plusieurs jours pour m’habituer à ma première gaine. J’ai tenu bon – je n’avais d’ailleurs pas le choix – et je ne l’ai jamais regretté.
- Je ne sais pas vraiment si je suis capable de tenir le choc… pour autant que cela vaille la peine.
Natacha n’arrivait pas à dégager son regard du miroir.
- Je me demande quelle tête feraient mes copines si elles me voyaient dans cette parure ! Sans parler de chouchou : il aime bien mes délires vestimentaires, mais là…
La grand-mère contempla sa petite fille d’un œil malicieux.
- C’est ta vie ma chérie. Tu es jeune. Tu as la vie devant toi. A toi d’en profiter ! Les années passent si vite : on se couche encore enfant un soir et on se réveille vieux le lendemain… Tu as la chance de ne pas avoir de contraintes, sinon celles que tu t’imposes toi-même ! Tu es une fille de ton époque, qui aime les beaux habits, et je te comprends. Mais pour moi, bien s’habiller, c’est aussi soigner ses dessous, les deux aspects sont intimement liés. Tu verras que faire un effort sur soi-même est quelque chose de valorisant. Finalement, c’est aussi une manière de se faire respecter.
Natacha avait entre temps retiré ses chaussures et enlevait les bas. Elle dégrafa la gaine et la laissa choir sur ses pieds nus. La combinaison la rejoignit bientôt, puis la jupe. Elle enfila son jean, le boutonna et passa sa veste de cuir. Elle plia soigneusement la jupe et la veste du tailleur, posa dessus la gaine blanche et le serre-taille noir, enfin les bas, sagement repliés dans leur pochette. Elle contempla le tout un instant, posa la main dessus et se tourna vers sa grand-mère :
- Tu pourrais me prêter deux ou trois autres paires de bas ?