Blog consacré au "revival" de la lingerie glamour
Dans le contexte d’un penchant commun à la paresse et au laisser-aller, le soin apporté à la parure, et notamment à la manière de s’habiller, constitue assurément une clé.
Les vêtements informes, qui enveloppent plus qu’ils n’habillent, sont aujourd’hui devenus incontournables. Tendance. Cela traduit, à mon sens, un ramollissement général des sociétés occidentales dites évoluées.
Je suis persuadé que l’habit influe sur le mental. Un veston bien coupé, ajusté, un ceinturon, voire une cravate, fonctionnent comme des éléments structurants pour bien des hommes. Pour les femmes, les dessous ont longtemps joué ce rôle. Le maintien n’était pas qu’une affaire esthétique, mais également mentale. Les mères qui, pendant des générations, ont incité leurs filles à accepter, à désirer pour certaines, des dessous relativement modelants ne le faisaient pas par sadisme, ni par simple habitude, mais avec la conviction qu’elles seraient plus fortes, plus efficientes, plus sûres d’elles et de leur talents en s’imposant un certain maintien. Preuve en soit des témoignages recueillis auprès d’étudiantes, aux USA, qui confient que leur concentration est boostée et leur résultats meilleurs quand elles portent des dessous de maintien : le terme « foundation », utilisé en anglais pour désigner ces derniers, dit bien ce qu’il veut dire ! On construit mieux quand la base est assurée…
Le paroxysme de cette attitude a probablement été atteint dans l’Angleterre de la reine Victoria, quand des corsets très rigides étaient monnaie courante, pour les hommes comme pour les femmes – et pas seulement au sein des élites, au moment même où la Grande-Bretagne étend son empire sur le monde entier.
Si la mode victorienne va trop loin, dénotant une rigidité mentale et morale dont faut savoir gré au progrès de nous avoir libérés, la tendance contemporaine à l’avachissement est tout aussi révoltante. Difficile de faire preuve d’initiative ou d’imposer son opinion dans des vêtements déstructurés…
Un équilibre ménageant l’élégance et un relatif confort a été trouvé au milieu du siècle dernier, au moment où les sociétés occidentales, meurtries par deux conflits majeurs successifs, faisaient le deuil des anciennes raideurs et adoucissaient les règles du jeu. Il faut se garder d’idéaliser cette période, cela va de soi. On ne peut cependant nier qu’elle est marquée du sceau d’un optimisme certain et d’une vision du monde constructive. Ce positivisme, on le retrouve dans la mode, et bien sûr dans les dessous féminins, qui toujours de rigueur, deviennent plus souples, plus facile à porter au quotidien. Une jupe, une paire de bas fins et des jolis souliers ont constitué le quotidien de centaines de milliers de lycéennes dans les années 50 et 60, souvent assortis à des dessous que les filles considéreraient aujourd’hui comme des instruments de torture. Et pourtant, comparés aux corsets rigides privilégiés par les générations précédentes, de tels dessous semblent bien légers ! Affaire de mode. Mais aussi affaire de mode de penser?
Léo, qui a le poil décidément hérissé ce soir, vous salue bien bas...