Blog consacré au "revival" de la lingerie glamour
Dans les années soixante, si l’on croit les témoignages des ados qui ont grandi à cette époque, un des sports favoris des garçons était de grappiller, au hasard des occasions (celles-ci faisant le larron, c’est bien connu), la vision fugitive de la lisière d’un bas, du ruban d’une jarretelle ou de la dentelle d’un panty, involontairement - et parfois coquinement – exhibés par les demoiselles.
Le raccourcissement progressif des jupes a rendu l’exercice de plus en plus excitant, et la pression sur les ourlets, insensiblement, s’est accentuée.
Cette évolution a créé une situation quasiment intenable pour les femmes, qui ont trouvé le salut dans une invention qui n’avait jusque là convaincu que peu d’adeptes : le « mitoufle » (du nom du modèle, lancé en 1959 déjà), premier collant fin.
Contrairement à ce qu
’on entend souvent, le collant ne s’est pas imposé pour libérer les femmes du harnachement désuet que représentaient les bas et les jarretelles. Pendant près de dix ans, en dépit de son existence dans le commerce, les femmes, y compris les jeunes, ont boudé les collants, réservés à la danse et au monde du cirque, et souvent considérés comme aussi inconvenants que malséants. Paradoxalement, c’est un même souci de bienséance qui a poussé les femmes, confrontées à la vague « mini », à adopter le collant. La minijupe a précipité la défaite des bas, et les collants sont devenu l'emblème d’une liberté nouvelle, celle de montrer ses cuisses sans montrer ses dessous.
Cette évolution n’est pas sans conséquences : la préférence donnée aux collants dès la fin des années 60 marque le passage d’un système vestimentaire féminin traditionnellement « ouvert » et un système « fermé » (voir à ce sujet le très beau texte de Jacques Laurent, alias Cécil Saint-Laurent, Le nu vétu et dévêtu). Dès lors que le collant était admis, le port du pantalon, expression même d’un entre-jambe « verrouillé », ne pouvait que suivre. Et c’est ce qui s’est produit.