Blog consacré au "revival" de la lingerie glamour
L'ambiance de Pâques invitant à l'introspection et à la confession, voici quelques révélations "inédites" - un peu de grain à moudre pour celles et ceux qui se demandent d'où descend le Don Quichotte des bas qui anime ce blog...
Mon adolescence est marquée au sceau des filles en pantalons.
Porter une jupe, pour la plupart de ces dernières, représentait un retour à des valeurs surannées. Dès mes premiers émois amoureux, j’ai rêvé de rencontrer une fille qui accepterait de se mettre en jupe ou en robe le plus souvent possible. Il me semblait inconcevable, dans ma petite tête de jeune matou, que la fille que j’aimerais, et qui m’aimerait, soit habillée comme moi. Le vêtement devait -et doit toujours à mon avis- mettre en évidence la différence entre les sexes. Loin de moi l’idée de revendiquer une négation du corps féminin telle celle implicite à certaines religions! Il s’agit plutôt de dynamiser la relation de couple en délimitant des territoires et en jouant avec la notion de tabou.
La révélation des bas est survenue un peu plus tard, quand j'étais à Rome, en stage de formation. J'avais 20 ans. J'ai vu dans un cinéma passant de vieux standards "Una giornata particolare", d'Ettore Scola. Merveilleux film, déjà d’un autre âge, mais fascinant d’actualité. A un certain moment, Sophia Loren, en arrière-plan, enfile ses bas et les accroche à ses jarretelles. Cela a provoqué en moi un véritable choc érotique, et cette scène est reste gravée dans ma mémoire. De retour au pays, je suis parvenu, avec beaucoup de patience, à persuader mon amie d'essayer de porter des bas. Elle était très réticente au départ. Elle comprenait bien mon dédain des pantalons mais ne comprenait pas pourquoi je ne me satisfaisais plus des collants. Les bas connotaient pour elle la figure de la fille légère… Ils étaient mal pratiques, difficiles à trouver. Et que penseraient d’elle les copines si elles découvraient ce secret ?
A force de tendresse, de patience, avec la complicité de sa mère(!), qui en avait porté dans sa jeunesse et n’en gardait pas un si mauvais souvenir, j’ai pu atténuer les réticences. Elle a fini par accepter d’essayer, pour voir. Il a fallu trouver un porte-jarretelles et des bas classiques, articles difficiles à dénicher à cette époque. Les vendeuses nous regardaient bizarrement. Déjà qu’un mec, dans ces bonbonnières, et jeune, en plus, cela fait « chenil »… voilà-t-y pas qu’ils voulaient des trucs spéciaux, limite glauques… Croyez-moi ma bonne dame, cela leur passera avant que ça me reprenne !
Les essais n’ont pas été tout de suite concluants. Mais mon amoureuse s’est tout de même assez rapidement rendu compte, je crois, de l’importance de ce « détail » pour que son homme se trouve bien dans sa peau et ses désirs de mec. Et puis, ces bas, ce n’était finalement pas si inconfortable. Au contraire : le sentiment désagréable d’avoir l’entrejambe empaqueté s’évanouissait, et il ne fallait plus remonter « tout le bazar » périodiquement. Quelques mois ont passés, et puis, sans que je doive trop insister, c’est devenu une habitude. Plus qu’une habitude : le lieu d’une complicité particulière entre nous.
Il y a eu des moments de révolte, d’agacement. Mais, finalement, des années après, le pari tient toujours, pour mon plus grand bonheur – et celui de ma dulcinée !