Blog consacré au "revival" de la lingerie glamour
Le discours historique convenu veut que les hommes
aient imposé aux femmes des dessous contraignants pour mieux les dominer. Les témoignages des rescapées de cette sombre époque ne rendent pas exactement le même son.
Il est vrai que, jusque dans les années 60, aucune femme (les vedettes exceptées) n’aurait eu l’idée de porter un pantalon en public ou de sortir jambes nues. Cette attitude est toutefois moins imputable à un « diktat » masculin qu’à une volonté essentiellement féminine, volonté palpable dans les efforts redoublés traditionnellement consentis par les mères pour préparer leurs filles à leurs privilèges et à leurs devoirs d’épouses. Dans la culture occidentale, on admettait tacitement qu’à 14 ans une adolescente devait se préparer à entrer dans le monde des femmes. Ce rituel de passage, souvent lié à une cérémonie religieuse ( la communion) créait une sorte d’horizon d’attente. Beaucoup de demoiselles étaient impatientes de troquer les chaussettes en tricot de l’enfance contre les bas nylon et les premiers escarpins. Les jupes ajustées et les bas impliquaient un changement radical dans la gestuelle. Passé ce cap, on ne marchait plus, on ne s’asseyait plus de la même façon. Et surtout on commençait à regarder les garçons autrement, avec la conscience aiguë de sa différence. Après quelques mois, soucieuses de l’image reflétée, la plupart des filles enjoignaient leur mère de leur acheter qui une gaine, qui un serre-taille, pour remplacer leur porte-jarretelles, relégué au rang d’accessoire de débutante.
J’avoue que je regrette un peu cette manière de marquer le passage à l’âge adulte, tant pour les filles que pour les garçons, qui échangeaient avec un égal empressement les culottes-courtes pour les pantalons… et restaient bouche bée devant la mue beaucoup plus radicale subie par les filles.
Le temps poursuit son vol... et rien ne sert de pleurer les neiges d’antan ! Mais qui sait, un jour peut-être, une fois la boucle bouclée, trouvera-t-on quelque bénéfice social et culturel à remettre au goût du jour ce tendre rituel ?