Blog consacré au "revival" de la lingerie glamour
La première idée qui vient à l’esprit de la plupart des gens, quand on évoque les bas et les jarretelles, c’est la connotation « sexy ». En fait, je pense que la notion de sexy est assez subjective. Il ne suffit pas, heureusement, que tel ou tel chose soit étiquetée sexy pour quelle le soit pour tous ! Rien, objectivement, de sexy, dans ces petits morceaux d’étoffe, n’était-ce leur environnement sémantique – ce qu’ils suggèrent, plus que ce qu’ils sont, en fait.
Je pense que la notion de sexy, pour les hommes, est très étroitement lié à ce qui connote la féminité d’un point de vue culturel, soit une série de gestes, de comportements et de vêtements admis comme spécifiques au sexe opposé. Le maquillage, la coiffure, les robes et les jupes, les bas et ce qui sert à les maintenir (serre-taille, gaine, porte-jarretelles, corset) sont des attributs qui sont interprétés comme autant de gages dune féminité codifiée et assumée. C’est sans doute pourquoi ils prennent tant d’importance pour les travestis et les trans. Cette féminité affirmée par la parure et le vêtement, voire par le sous-vêtement, traduit un désir de maîtrise du corps propre à l’identité féminine qui fascine beaucoup d’hommes. Les dessous féminins, par leur complexité (on est à cent lieues du pratique), sont la résultante d’une tension évidente entre nature et culture. Cette charge est d’autant plus grande que le dessous est complexe : le corset ou la gaine, par exemple, dénotent un effort sur soi, une volonté de contenir son corps. Une retenue – surtout pas une fermeture : les dessous glamour n’enferment pas : ils mettent en valeur, à la manière d’un calice.
Il y a de la magie dans la tension qui se produit entre le haut et le bas, entre la ceinture et la lisière du bas, où les jarretelles viennent s’arrimer. « Ces bas qui tiennent haut perchés, comme les cordes d’un violon », chantait un autre Léo. Je pense qu’il avait raison : en dehors de toute connotation sexy, les bas délimitent une frontière entre le nu et le vêtu. Ils dévoilent tout en habillant. Ils sont l’écrin parfait de cet endroit divin, tout en haut des cuisses, où la peau est si douce… et d’où nous venons tous.