Blog consacré au "revival" de la lingerie glamour

1) L’été je ne mets pas de bas, et l’hiver, avec des bas, on se gèle les fesses
Avec une jupe de longueur normale, aucun problème. Si vraiment il fait froid à fendre les pierres, les bas de laine feront l’affaire, associés pour les plus frileuse à une culotte bien chaude, Quand à l’été, il y a des soirées un peu fraîches où porter une paire de bas très fins est agréable (au contraire d’un collant, vite étouffant).
2) J’ai pas envie que les gens voient que je mets des bas, donc ça va pour une soirée spéciale à la maison mais pas pour la vie active
C’est un des fantasmes les plus communs des femmes qui ne portent pas de bas de croire que tout le monde peut voir en transparence : une façon de projeter l’image qu’on a de soi dans la tête d’autrui. En réalité, avec une jupe pas trop courte et pas trop moulante, pas de raison que n’importe quel quidam soit au parfum ! Une jolie combinaison froufroutante permet d’atténuer les traces éventuelles des jarretelles sous la jupe et protège des regards indiscrets en contre-plongée.
3) C’est inconfortable, ça gratte
Si il existe une chose inconfortable, c’est bien un collant, qui serre ou baille à l’entrejambe et boudine à la taille. Les stay-up peuvent paraître offrir une alternative intéressante, mais les désillusions sont fréquentes : rougeurs tenaces (voire allergies) sur les cuisses, bas qui se fait la malle, cuisse saucissonnée… Les bas traditionnels restent la référence ultime : ils ne sont inconfortables que si ils sont mal choisis et surtout si le porte-jarretelles est de mauvaise qualité, ou fait uniquement pour s’amuser dans la chambre à coucher. Avec un porte-jarretelles suffisamment large et bien coupé, équipé d’attaches pas trop fines, permettant un meilleur contrôle et une sûreté accrue dans le maintien des bas, aucun problème : après quelques jours d’adaptation (un peu comme pour le premier soutien-gorge), on n’y pense plus. Les adeptes du glamour rétro peuvent même tester les vertus modelantes des gaines-tubes chères aux pin-up des fifties, idéales pour maintenir parfaitement les bas-couture.
4) C’est compliqué à mettre, c’est une perte de temps
OK. Que diriez-vous si je refusais de porter une chemise sous prétexte que le boutonnage et trop compliqué et prend trop de temps ?
Sans rire : une fois qu’on a compris le truc, avec un peu d’habitude, cela ne prend pas plus de temps d’enfiler des bas que de mettre un collant !
5) Cela coûte cher, et ça file pour un rien
Si le prix des bas est plus élevé que celui des collants, c’est en premier lieu parce que la demande est insuffisante. Dans les années où les bas régnaient en maîtres, c’est les collants qui coûtaient une fortune ! En étant plus nombreuses à en porter régulièrement, vous contribuerez à rendre les bas meilleur marché. Ceci dit, on peut faire d’excellentes affaires en achetant des bas vintage sur des sites comme Ebay. Il faut aussi prendre en considération qu’un vrai bas nylon est souvent plus résistant qu’un collant. Le fait de pouvoir enfiler séparément les jambes diminue les risques, et, avantage non négligeable, si on file un bas on peut réassortir l’autre (pour autant qu’on ait pensé à acheter plusieurs paires du même modèle).
6) C’est un truc de pute, fait pour les cochons
Il n’y a pas si longtemps que cela, toutes les femmes, les putes et les autres, les jeunes comme les vieilles, portaient des bas. Pas par obligation (sauf exception), mais parce que, pour ces femmes, il aurait été inconcevable de sortir jambes nues, que les collants n’étaient pas considérés comme une alternative sérieuse, tout comme les pantalons. Portés avec raffinement, sans exposer ses dessous, les bas sont totalement « clean » : pendant des générations, les jeunes filles rêvaient du jour (souvent une cérémonie religieuse !) où elles seraient enfin autorisées à troquer leurs chaussettes de gamines pour des vrais bas nylon.
7) C’est une trahison pour la cause des femmes
Un amalgame fréquent met sur pied d’égalité la lutte pour l’émancipation des femmes et leur rejet massif des sous-vêtements féminins. L’émancipation des femmes a duré une centaine d’années. Ce n’est qu’à son stade ultime que le désir a été éprouvé de balayer ce qui distinguait encore matériellement les femmes des hommes. Cet acte symbolique était sans doute nécessaire pour opérer une cassure définitive dans le vieux système bourgeois. Les femmes constatent aujourd’hui que, dans le feu de l’action, elles ont perdu une partie importante de leur identité, de leur spécificité. Et que, par ricochet, les hommes aussi ont perdu certains de leurs repères. La tentation se fait jour, sans concéder une parcelle de la liberté acquise, de reconquérir une féminité plus marquée, d’affirmer des valeurs autres que celles empruntées aux mecs. De plus en plus de blogs se font l’écho de cette tendance. Et les blogs ne sont tous pas télécommandés par les forces obscures du marketing ! Ils traduisent les préoccupations que de nombreuses femmes n’osent parfois pas exprimer de vive voix. La fascination des jolis dessous, le désir de faire un effort sur soi pour sublimer son corps, y sont bien présents. Etre féminine n’est plus l’antithèse d’être féministe.
8) C’est inconciliable avec la vie active d’une femme moderne. Comment sauter dans le bus, courir au turbin, aller chercher les gamins à la sortie de l’école, faire les courses et la cuisine en bas et talons hauts ?
Un raccourci trop rapide, dont mes congénères favorisent généralement la diffusion, veut que bas+jarretelles = talons aiguilles. Rien de plus faux. On peut porter des bas tout simplement, comme on porte un collant., avec des souliers normaux ou des baskets. Des générations de femmes l’ont fait… Il fut même un temps où on skiait en jupe et bas de laine !
Loin de moi l’idée de nier le haut potentiel de séduction du couple bas+talons hauts. Mais on ne peut pas fonctionner 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, sur le mode « séduction » ! Il faut pouvoir « switcher », sans pour autant qu’il soit nécessaire de renoncer aux bas.
9)Je suis trop jeune pour mettre des bas
Du moment qu’une fille se maquille, qu’elle souhaite mettre des collants fins, bref qu’elle naît à son existence et à ses désirs de femme, je ne vois pas pourquoi elle devrait attendre des années avant d’être autorisée à mettre des stay up ou des vrais bas. Ceci pour autant bien sûr qu’elle ne la joue provoc ! Les jarretelles ne sont pas faites pour être montrées, sauf dans les défilés de mode ( !) et sur le trottoir, où aucun père ni aucune mère ne souhaite que sa fille finisse (je parle du trottoir). A mon avis, le danger, pour une ado, ce n’est pas d’enfiler un porte-jarretelles et une paire de bas, mais de porter des shorts ou une jupe au ras du pompon !
10) Mon mec n’est pas sensible à ce genre de dessous
Une seule solution : changez de mec !
Le monde est plein d’hommes, jeunes et moins jeunes, qui rêvent de rencontrer une femme qui ait le courage de s’assumer en tant que femme, avec ses jupes, ses robes, ses dessous complexes et ses armoires à chaussures…