Blog consacré au "revival" de la lingerie glamour
Insensiblement, on en reparle dans les magazines, sur le net, parfois autour d’un café.
Jusqu’aux féministes, qui y voient pour la plupart un jeu maîtrisé, une manière de clin d’œil aux femmes d’avant, à ces pauvres femmes dominées, exploitées et bafouées par une société créée par et pour les mecs.
Il y a eu la
traversée du désert. Ces années d’anathème, où le fait de porter des bas et un porte-jarretelles était considéré ipso facto comme un signe d’avilissement qui vous classait au rang des demoiselles légères (perdues ?), au mieux dans la population des révoltées fréquentant les milieux punks. No future ?
Les années 90 ont déculpabilisé l’érotisme, et le fétichisme a été intégré comme une composante de la séduction. Les filles se réclamant du mouvement « goth », décomplexées, ont osé les corsets et les gaines chères à leurs grand-mères, portées d’ailleurs avec un certain panache. Eloge de la complication, au sens horloger du terme.
Une dizaine d’années ont passé. Le sujet s’est dédramatisé. Les couturiers s’en sont emparés, nous jetant nos fantasmes et nos contradictions au visage en mettant les dessous dessus. Des podiums à la vraie vie, le fossé est large toutefois…
Un retour inattendu à des valeurs censées favoriser une meilleure estime de soi, incarnées par le raffinement glamour des pin’up, a généré un intérêt renouvelé non seulement pour les vêtements associés à cette image, mais aussi pour des dessous longtemps rejetés : la gaine ouverte, fidèle compagne des femmes pendant plusieurs générations, reprend même du service, au début sous des dénominations nouvelles, histoire de ne pas froisser les consciences. Elle s’affiche aujourd’hui pour ce qu’elle est, et connaît un succès grandissant, passant d’effrayante à rassurante. Comme un goût de reviens-y…
Le mouvement en route ne touche qu’une minorité de converties, certes, mais les messages publiés sur les forums démontrent que pas mal de filles et de femmes ont envie d’essayer les bas, les vrais, ceux qui nécessitent un porte-jarretelles ou une gaine.
Même si l’effet mode et la volonté de jouer avec les codes et les tabous sont des composantes essentielles du phénomène, on peut se demander si tout cela ne cache pas autre chose.
Les amateurs de bas ont coutume d’affirmer qu’un bas sur une jambe de femme est infiniment plus beau qu’un collant ou qu’un pantalon. Objectivement, rien de « beau » dans un porte-jarretelles ou une gaine… La clé de l’érotisme des bas, à mon avis, ne réside pas dans leur beauté, toute relative ; il faut plutôt la chercher dans la signification et les valeurs culturelles que la société y attache, ainsi que dans le rapport qu’on entretient avec cette signification et ces valeurs, en tant qu’admirateur ou en tant qu’utilisatrice.
De la à dire qu’il y a un enjeu social, sinon politique, il n’y a qu’un pas !
Je donnerais cher pour savoir ce qui pousse une femme, à plus forte raison une jeune fille, à mettre de nos jours des bas et une porte-jarretelles ou une gaine, voire même un corset, une fois mis entre parenthèses l’argument discutable de la beauté et de l’élégance …Chères amies de Léo, j’attends vos confidences avec intérêt !
Pour les hommes, je pense que leur motivation est plus trouble qu’il n’y paraît…
A suivre….