Blog consacré au "revival" de la lingerie glamour
Ce dimanche pluvieux me donne le loisir de méditer sur la vanité du monde et les soubressauts de notre petite communauté humaine... au rang desquels la mise à l'encan des parures féminines dans notre société occidentale "évoluée", sujet qui m'est cher entre tous, comme vous le savez.
La société occidentale a vécu depuis l’après-guerre de profonds changements socio-économiques. La situation et le rôle des femmes dans la société, depuis la fin des années 60 surtout, a grandement évolué. Les femmes ont acquis des droits politiques censés les mettre, dans les pays les plus avancés, sur un pied d’égalité avec les hommes. Jusque là, dans notre société, le travail était réservé aux hommes. Il leur permettait d’acquérir une situation professionnelle, et partant une certaine estime d’eux-mêmes. La mise en valeur des femmes passait essentiellement par le soin de leur mise (habillement, maquillage, etc.), leur capacité a élever les enfants et à tenir leur ménage (d’elles-mêmes ou par l’entremise de servantes). La révolution des années 60 est la conséquence d’une dévalorisation systématique du travail non rémunéré : dès lors que seul un travail salarié pouvait procurer considération sociale et estime des proches, il était inévitable de voir cette valeur placée au centre des préoccupations de chacun, homme ou femme.
Je suis loin de revendiquer un retour à une société « unijambiste », où une moitié de la population décide pour l’ensemble et où les femmes ne sont bonnes qu’à obéir. Je me demande cependant si le travail est une valeur qui mérite qu’on lui sacrifie autant... Le travail donne certes l’occasion, pour les plus débrouillards, d’acquérir une position sociale, mais il reste fondamentalement une chose subie : on accepte de vendre sa vie, son temps (la seule chose qu’on possède vraiment), contre de l’argent ! Je suis convaincu que notre société donne trop d’importance au travail et pas assez à la vie de couple, aux rencontres entre amis et connaissances, à la famille. Chacun se replie sur son travail, trouvant dans celui-ci une raison d’être, alors qu’il faudrait n’y voir qu’une façon, plus ou moins agréable ou pénible, de gagner sa vie...
Aux vertus considérées culturellement comme féminines (raffinement, élégance, soin de sa personne, délicatesse, pudeur, respect d’autrui, soucis de l’image projetée, etc.) se sont superposées des valeurs plus neutres, ou résolument connotées masculines (pragmatisme, ambition, rigueur, calcul, compétition, culte du pratique, esprit conquérant et batailleur, extraversion). Jeter ses jupes et ses dessous aux orties et adopter les pantalons ne faisait que matérialiser ce changement profond d’orientation.
Jusque dans les années 60, pour les jeunes filles, le passage à l’adolescence constituait un moment très important. A la profonde mutation physique et psychique qui se réalisait correspondait un rituel précis. En devenant femme, la jeune fille en recevait les attributs culturels. Sa mère lui offrait sa première gaine, son premier porte-jarretelles, sa première combinaison, ses premiers bas fins, ses premiers souliers à talons. Elle quittait le monde de l’enfance, et ses anciens habits, pour se retrouver vêtue de neuf de pied en cap, prête a affronter le monde, forte du soutien des genérations de femmes qui, avant elle, avaient subi la même mue. Ce rituel initiatique a certes peut-être été parfois mal vécu ; il peut sembler "lourd", désuet... Mais qu’on ne s’y trompe pas : il laisse de profondes traces, tant chez les jeunes filles qui en sont les actrices qu’auprès des représentants de l’autre sexe! Comment rester indifférent à une telle mue, mettant en relief le caractère profondément sexué de chaque être ? Une fille qui met des bas pour la première fois ne regarde plus les garçons de la même façon. Elle prend conscience de sa personne et de son sexe. Elle permet aux autres de prendre conscience du leur. La vraie vie peut commencer...
Aujourd’hui, les codes sont brouillés: les fillettes jouent à leur guise les femmes fatales, maquillées comme des cocottes ; les femmes sont tour à tour vamp et bébé, raffinées et négligées ; elles choisissent leur costume comme un comédien le sien, jouant à être femme quand elles le veulent bien. Les mecs, complètement dépassés par les événements, ne savent sur quel pied danser ; ils grignotent avec avidité les miettes de dentelles qu’on veut bien leur laisser entrevoir, trop heureux qu’une fois de temps en temps, au moins, Madame joue le grand jeu... N’y a-t-il rien de plus frustrant - j’allais dire châtrant ?
Je préfère pour ma part un autre jeu et un autre contrat : celui qui veut, sans renier les droits acquis, permettre aux femmes d’exprimer pleinement leur vision du monde, une vision qui parie sur la beauté plus que sur les aspects pratiques, sur la tendresse plus que sur la force, sur l’amour plus que sur la guerre !